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Visite de fermes anciennes du Simmental

Cette année pour leur excursion annuelle, les Amis de Château-d’Oex et du Pays-d’Enhaut, sous la houlette de Noëlle de Kostine, ont pu visiter de belles fermes des XVII e et XVIII e siècles dans la vallée du Simmental. Deux guides passionnés, Stephan Jaggi et Hans Hofer, ont partagé leurs connaissances.

Därstatten-Photo MicPic

En face du musée d’Erlenbach -Photo MicPic
Stephan Jaggi ,un de nos guides ,à l’intérieur d’une ferme ancienne de Blankenburg.-Photo Sylvie Morier
Poêle ancien dans le musée d’Erlenbach-Photo Sylvie Morier
Devant le musée-Photo Sylvie Morier
Dalias dans le jardin du musée d’Erlenbach-Photo MicPic
Esplanade du château de Blankenburg -Photo MicPic

Porgy and Bess GERSHWIN (1898-1937)

En Amérique, au début du XXème siècle, de nombreux compositeurs américains cherchent à se libérer de l’hégémonie européenne et à créer leur propre langage. Pour ce faire, ils s’inspirent des musiques en pratique dans leur pays à savoir les chants traditionnels indiens, les Spirituals, le Blues,  le Jazz …etc. C’est donc dans ce contexte que G. Gershwin, pianiste virtuose, auteur de chansons à succès et de nombreuses comédies musicales tente de concilier jazz et musique symphonique. Conscient de son importance, il dira d’ailleurs: « Je suis le Schubert américain ! » et d’ajouter : « J’ai la modeste prétention de contribuer à l’élaboration du grand roman musical américain ». Un fait reconnu car après la Rhapsodie in Blue, Un américain à Paris et son Concerto pour piano, il composera peu avant sa mort, Porgy and Bess, un opéra Inspiré par le roman et la comédie des deux Heyward avec pour thème principal le drame des minorités raciales face aux problèmes sociaux.

Et pour réaliser cet opéra populaire typiquement américain, Gershwin fera feu de tous bois : il ira dans les Etats du Sud pour mener des études musicales et ethnologiques, il recherchera de nouveaux sons, confiera à son frère, Ira, l’écriture du livret et les paroles des chansons  et une fois l’œuvre achevée, il conclura : « Je trouve cette musique tellement admirable que je ne parviens pas à croire que je l’ai écrite… »

 Pourtant le succès sera limité. La critique regrettera la proximité de l’opéra avec la comédie musicale et en dépit de certains airs devenus à la mode, l’œuvre sera rapidement retirée de l’affiche. On sait néanmoins que reconnue à sa juste valeur après la mort de son auteur, elle sera consacrée avec l’adaptation cinématographique d’Otto Preminger en 1959.

Quant à l’histoire, empreinte de tragique, elle se situe dans les années 1930 en Caroline du Sud dans une Amérique en pleine dépression, alors que la  population noire est en proie à une misère criante. Mais dans le quartier fictif de « Catfish Row », près du vieux port de Charleston, le petit monde de la rue boit, danse, joue aux dés, une femme chante une berceuse à son enfant… Soudain, coup de tonnerre ! Le voyou Crown perd au jeu, assassine son adversaire et fuit la ville en laissant sa femme, Bess, livrée à elle même. Seul Porgy, un mendiant noir estropié qui vit dans un taudis du quartier, lui porte secours et tente de la sauver des griffes de Crown, son concubin, comme de celles de Sportin’Life, un dealer qui veut la prostituer.

Classique de la culture américaine enracinée dans le folklore, Porgy and Bess est une œuvre d’une originalité captivante ! Alors que le jazz se mêle à la musique symphonique traditionnelle, la communauté noire  face à sa rude existence respire d’un même souffle et exprime ses passions par le chant avec des sentiments éruptifs, des confrontations violentes voire même sanglantes. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Porgy and Bess émeut aussi directement les auditeurs. Qui ne se souvient de l’air immortel de « Summertime » ! Nul doute qu’avec cette œuvre audacieuse, synthèse innovante de courants musicaux contraires, Gershwin, très au fait des techniques avant-gardistes -il connaissait personnellement Schönberg- aura fortement contribué à l’expression musicale de « l’American way of life ».
A 38 ans, à l’apogée de sa gloire, il mourra d’une tumeur au cerveau.

C AGATHE AMZALLAG – MUSICOLOGUE